lundi 26 juin 2017 Ajouter à vos favoris       Envoyer à un ami
 
 

Critique - Marlena Braester

Références critiques

"Marlena Braester nous rapporte dans Oublier en avant une superbe expérience du désert… Une voix tout intérieure qui dit aussi bien l'attente que les promesses d'horizon, les distances qui se déploient en nous-mêmes, les limites, les dissonances."

Lionel Ray


"J'aime l'idée que le poème est dans la vue. Quoi de plus simplement dit et à dire. Je suis proche de cela. Le poème est dans la vue, qu'il soit de désert ou d'arbre, de ville ou d'eau. Du visage d'un homme. Le poème nous devance pour nous dire et nous faire. Je trouve dans la poésie de Marlena ce qui manque au désert, la parole. Elle lui donne la parole, ainsi s'apaise l'avenir de toutes les pierres. Elle sait peu dire pour ne rien perdre de qui se donne si peu à voir."

Joël Bastard


"Du chaos aux échos, il y a dans le retournement langagier lui-même signalement du retournement opéré, à travers le langage, dans la conscience de celui qui parle. Nous voyons alors un espace de l'indifférencié, de la privation portée à son comble et qui, par là même, fait surgir le noyau de l'infracassable, relance un accord en creux. Marlena Braester nous parle en un poème dense où la redite, la répétition du même, l'accumulation, mais aussi l'économie verbale témoignent de ce creusement de l'Etre qui, tout à coup, culmine, éblouit, conjure et purifie la vision, suscite la rencontre avec soi et le monde.

Cette leçon essentielle du désert, à laquelle le poète s'attache dans "Oublier en avant" avec une grande maturité d'expression, avait été amorcée, pressentie dans deux de ses livres précédents. Comme dans une œuvre abstraite, mais aussi profondément phénoménologique, diverses figures de son discours poétique s'articulaient déjà de manière oxymorique: les couleurs blanche et noire, la parole et le silence, la nuit et le jour, la vision et la cécité, les voyelles et les consonnes, la ligne d'horizon et le cercle, l'œil et la bouche, le stable et l'instable, la présence et la perte, qui toutes se déclinent en images et figures complémentaires d'une recherche du sens. En quoi cette écriture traduit bien la position ontologique post-moderne qui est la nôtre: il faudra sortir du "je", du jeu des apparences à travers une scrutation quasi hallucinatoire de ses composantes, pour déboucher sur la seule position qui vaille: celle de l'errant, d'un marcheur, poreux et perméable à un univers de signes en constante mutation, ce que traduit bien le rapport de deux images essentielles: celle de la pierre et celle du sable.

Eric Brognie


Nous savons depuis Baudelaire que " les couleurs et les sons se répondent ", mais au-delà de ces synesthésies désormais bien repérées, Marlena Braester aborde un autre plan, infiniment plus subtil et pour tout dire métaphysique, où la poésie touche à son socle, où sa justification –ou son inanité- se retrouvent posées.
Il est plutôt rare de lire une poésie qui sache questionner la posture et le regard poétiques tout en écrivant le poème, et cela sans théoriser l'un, ni affaiblir l'autre, sans asservir l'un à l'autre. Il est donc rare d'entrer en si subtil questionnement avec autant de simplicité, et pour tout dire de " fraîcheur ", puisque le poème porte ici profondément cette marque d'intimité tant impressive qu'intellectuelle.

Jean-Claude Villain


Marlena Braester se laisse envahir par les arêtes d'un pays de lumière et d'obscurité, qui est fixe et mouvant, matériel et immatériel, mystique et charnel, habitable et inhabitable…

Elle est toujours en avant d'elle-même, comme si la mémoire ne pouvait jamais être que promesse

On pourrait tout aussi soutenir que le passé n'est viable qu'en regard du futur. C'est dire la pertinence d'un titre pour le moins énigmatique: Oublier en avant. Jamais on a défini le désert avec autant de pertinence. Marlena Braester se paye même le luxe de chanter dans ce no man's land inouï

Nimrod


"Parlons de la mémoire, sobrement. Marlena Braester nous vient d'Israël, mais au-delà, elle vient de la Roumanie, dont une œuvre encore, une de plus, confirme le tribut remarquable à la littérature française et particulièrement à la poésie. Elle vient donc précédée et comme protégée par l'ombre du grand Ilarie Voronca.

Tous les poèmes de Marlena Braester sont irradiés par le désert, la mer, la pierre, le sable. En somme (et sans vouloir du tout en restreindre la portée), c'est une poésie du vide. Mais non un vide synonyme de néant, d'absurde; tout au contraire, c'est une présence réelle des choses défiant d'être nommées.

Oublier en avant. Comme une destination qui allège, supplée. Désert devant nous. Désert en nous. A ces conditions seulement, cela parle.

Christian Hubin


(texte lu à Rodez lors de l'attribution du prix Ilarie Voronca)

 

"Oublier en avant" est une promesse poétique, une prophétie en quelque sorte qui interpelle le lecteur par le noir dessein de son message en vers rythmés par le flux d'un désert oppressant dans lequel la voix et l'écho reviennent sans cesse. Si ce n'est par l'eau, nos ères futures se verront emportées par le désert.

Marie-LaureVallée

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