lundi 26 juin 2017 Ajouter à vos favoris       Envoyer à un ami
 
 

Esther Orner

UNE ANNEE SI ORDINAIRE - Journal

Comment écrire après ce massacre. Un en chasse un autre. Jeudi à Afoulah, samedi soir à Jérusalem, dimanche midi à Haifa. Comment vivre, comment continuer. Demain, je dois me rendre à Jérusalem et pour la première fois, je me demande si j'y vais. Si d'habitude assise dans l'autobus j'ai des appréhensions tout en sachant qu'il faut

continuer, là j'ai les jambes coupées.

Francine, la fidèle m'a téléphoné. Colette a dû appeler les amis de Jérusalem. Pour le reste, je sais que certains nous soutiennent et se manifesteront. Et puis les autres toujours aux abonnés absents.

A minuit le massacre. Du sang partout. Le matin la rue était propre, lavée. Quelques dégâts matériels indiquaient que quelque chose était

arrivé. Mais quoi ? Il fallait en être informé. Plus rien n'était visible

Je devrais aller chez le coiffeur. Il paraît que quand tout va mal, les coiffeurs ont du travail.

Souvent les coiffeurs sont associés à nos malheurs. Comme cette private joke - demain tous les coiffeurs et tous les Juifs sont priés de se

rendre à Time Square. Tiens, pourquoi ? Pour les tuer tous. Bien, mais pourquoi les coiffeurs ?

Cette fois plus que d'habitude nous sommes découragés. Et comme à l'accoutumée nous nous relèverons. Au moins ceux qui ont échappé.

Un général à la retraite pas très politiquement correct a dit j'ai mal lorsque je vois des enfants palestiniens mourir, mais encore plus quand des enfants juifs meurent. A-t-il dit juif ou israélien ?#Cela ne plaira pas à ceux qui pratiquent l'angélisme jusqu'au suicide.

Petites pièces en prose très prosaïque, le troisième livre est arrivé Et je ne peux même pas me réjouir.

Je continue ma lecture proustienne. J'ai noté le numéro de plusieurs pages. Je ne les recopierai pas. A chaque fois je suis à nouveau émue par la beauté de certains passages.

Je suis allée à Jérusalem aller et retour dans la très belle voiture de l'attaché des universités. J'ai voulu intervenir après la première table ronde, je n'ai pas osé. Dommage j'aurais dû prendre mon courage à deux mains et contrer les propos des traducteurs qui se plaignaient que l'hébreu soit une langue pauvre et pas souple. Que de lieux communs.

Non seulement chaque jour de nouveaux mots sont créés, mais on peut innover sans que l'on soit taxé de créer des néologismes. S'il est vrai que

le champ sémantique des mots abstraits et philosophiques est plus vaste en français, celui de la vie spirituelle l'est davantage en hébreu. Il ne me viendrait pas à l'idée d'incriminer la langue française car un même mot l'âme en désigne deux distincts en hébreu. Ou alors lorsque je n'ai pas de verbe pour chaque action, mais que je suis obligée d'utiliser la bonne à tout "faire” accompagnée d'un substantif. D'ailleurs chaque langue a son propre génie, vérité de La Palice. Et la traduction, peu importe la langue, est difficile autre vérité de La Palice. Et puis leur dire que les français sont fièrs de leur culture et que nous devrions en prendre de la graine.

Ne suis-je pas en train de faire fausse route ?

 
Build your own website with Quickyweb! Quickyweb is much more than a web hosting provider. It is a complete website building and website hosting solution